
Depuis que je me suis engagée sur la voie des arts plastiques, j’ai toujours dessiné, peint et modelé le corps humain.
Etudier le modèle vivant est un exercice complet qui m’a permis de travailler l’observation, le mouvement, l’anatomie, le problème de la lumière. La discipline du nu m’est devenue indispensable pour comprendre le corps humain jusqu’à ce que je trouve ma propre écriture du corps et que je la matérialise par le modelage.
Le thème de mon travail n’est pas vraiment nouveau, mais il est éternel puisqu’il embrasse l’humain. Modeler la terre s’est imposé à moi comme une plongée dans l’origine de l’humanité. Qu’est devenu cet homme premier dans la contemporanéité du monde ?
L’humain est un mystère Je tourne autour de lui, de ses contours, de ses frontières. Je modèle la terre pour m’engloutir et renaître. Je n’ai aucun désir de résoudre ce mystère.
La matière première que j’utilise est l’argile. Il est assimilé aux principes générateurs de la nature. Da,ns sa conception même, l’art de la céramique est symbole d’harmonie car il fait appel aux quatre éléments fondamentaux, la terre, l’eau, l’air et le feu. La terre fournit l’élément de base, d’origine minérale : l’argile. L’eau est le médium qui confère à l’argile sa malléabilité. L’air favorise l’élimination de l’eau par la lente opération du séchage. Le feu va opérer une transmutation spectaculaire du matériau d’origine en lui conférant de nouvelles propriétés : la dureté, la résistance à l’eau.
La terre cuite reste une matière fragile. Elle traduit bien la fragilité de l’être humain. N’importe quel être humain vivant est un signe d’une profondeur vertigineuse. Nous sommes tous des êtres mystérieux.

